VIDÉO #1 L’ÉQUITHÉRAPIE ♥ RENCONTRE

Par Les Poissons du Désert

 

Enfin ! Cette vidéo traîne dans les placards depuis de nombreuses semaines… Et la voilà 🙂

 

Il y a donc de cela plusieurs semaines (mois ?… hum), nous avons rencontré Émilie Guerrin, kiné et équithérapeute, qui a accepté de répondre en images à nos interrogations sur l’équithérapie 🙂

 

Avant tout, sachez que nous ne sommes pas des professionnelles : il s’agit de notre toute première vidéo, elle est donc très loin d’être parfaite malgré le temps (infini) que nous lui avons consacré. Nous en sommes tout de même plutôt fières et espérons que vous allez apprécier 🙂

 

N’hésitez pas à nous dire en commentaires ce que vous en pensez !

 

Et pour les inconditionnels du texte, l’intégralité de la vidéo est retranscrite ci-dessous

(avec des infos bonus à la fin)

 

Lien vers la vidéo : VIDÉO #1 – L’ÉQUITHÉRAPIE

 

Émilie, tu es équithérapeute. Peux-tu nous en dire un peu plus sur cette pratique, l’équithérapie ?

Tout d’abord, il faut distinguer l’équitation de loisir et le sport adapté, de l’équithérapie. En équitation classique et sport adapté, on apprend des techniques équestres ; alors qu’en équithérapie, on est là pour apporter un soin. Il y a un travail pluridisciplinaire avec les autres professionnels de santé qui suivent la personne, pour avoir des objectifs en commun, connaître les besoins spécifiques du patient.

C’est important, pour répondre aux besoins spécifiques de l’enfant / du patient, d’avoir des objectifs en commun avec les autres intervenants.

 

Cela s’adresse à quel type de patients ?

Cela peut aller de l’enfant à l’adulte, la personne âgée…tout le monde peut faire une demande, tant qu’il y a une recherche de soin, de thérapie.

 

 

Tu travailles beaucoup avec des enfants qui ont un handicap, c’est ça ?

Voilà. J’ai des enfants qui ont un handicap moteur, qu’on dit IMC (infirmes moteur cérébraux). Ils viennent en fauteuil roulant. L’équithérapie, c’est aussi une activité normalisante, c’est-à-dire qu’ils vont se retrouver sur le poney, comme n’importe quel cavalier, avec le casque, on va marcher…

On travaille beaucoup au pas. On peut travailler autour, avec le pansage, on va le brosser, être en contact avec l’animal. On va travailler les amplitudes articulaires, le redressement, être à côté, on peut se tenir, se faire grand pour essayer d’aller brosser le plus haut possible le poney.

Ensuite, avec eux, je fais rarement du travail en liberté, puisqu’ils sont en fauteuil roulant, donc c’est compliqué. Par contre, il y a tout un travail monté, donc le redressement de nouveau, on peut retrouver le redressement postural, les déséquilibres (le mouvement du poney crée un déséquilibre). Tout cela, c’est au niveau moteur.

Les objectifs vont être moteur, psychologique, et relationnel. On est dans la relation à trois avec le cheval qui permet de créer un lien. Des fois, en tant que thérapeute on peut prendre du recul et laisser l’enfant / la personne avec le poney, et créer sa relation.

 

 

Est-ce que tu as observé de réels bénéfices, des évolutions chez tes patients ?

J’ai un enfant IMC, quand il venait il avait très peu de tonus au niveau du haut du dos, et c’est vrai qu’avec le mouvement du poney, il se redressait. Il y a des exercices aussi, comme je suis kiné à la base, on faisait quelques exercices de « kiné », en se servant du poney comme d’un tapis. Du coup, il avait des stimulations qui font qu’il se redresse le haut du corps, et j’ai d’ailleurs sa kiné qui me dit qu’en effet, elle voit une différence depuis le début de la prise en charge.

 

Ce qui est très important aussi, c’est tout ce qui va être respect du cadre et des consignes. On n’en a pas parlé tout à l’heure mais c’est vrai que ça permet de cadrer le patient.

Il y a aussi le fait qu’on est dans un cadre complètement extérieur. Il y a des stimulations qui ne sont pas les mêmes, tous nos sens sont en éveil : on voit les oiseaux, on les entend, on entend…on est à côté d’un aéroport, il y a le tracteur, il y a le chien, il y a le chat, il y a plein de choses qui se passent au niveau visuel, au niveau odorat, avec le toucher…tout est différent d’une salle « fermée », dans un cabinet, que ce soit un cabinet de kiné, de psy etc. Et du coup, ce sont des stimulations différentes.

 

 

Au niveau de tes patients, il y a aussi le côté psychologique qui peut être soigné ?

Il peut y avoir une prise en charge psychologique, qui va s’adresser à tout ce qui va être les autistes, les schizophrènes, les phobies aussi. Je suis kiné, donc je suis plus à l’aise avec certaines pathologies motrices. C’est ça aussi la richesse dans l’équithérapie : comme c’est ouvert à tout le secteur médico-social, si on est psychologue on peut très bien être plus à l’aise à prendre en charge les patients avec une pathologie psychologique et être moins à l’aise avec un handicap moteur par exemple, donc c’est très varié. Après, il est important que le thérapeute connaisse ses limites aussi : on ne peut pas prendre en charge par exemple un schizophrène si on ne connaît pas bien la pathologie, si on n’est pas à l’aise avec ce genre de patients.

 

 

Pourquoi avoir choisi le cheval ?

Tu es kinésithérapeute à la base, donc tu as une formation médicale et d’accompagnement auprès des enfants handicapés, alors qu’est-ce qu’apporte le cheval à ce genre de thérapie ?

Je me suis intéressée au cheval car je suis une passionnée par les chevaux, les poneys, depuis que je suis petite, donc ça me semblait naturel d’essayer de lier les deux, le professionnel, le privé, la passion. Du coup, le cheval, l’avantage, par rapport aux autres animaux, car les chats les chiens on peut les caresser, il y a un contact qui va se créer ; l’avantage du cheval c’est qu’on peut aussi monter dessus. Certaines pathologies ne permettent pas qu’on monte dessus, mais il va y avoir une approche par de l’attelage par exemple, ou alors on va travailler autour, il y a vraiment un relationnel différent. Et surtout, c’est un animal qui est non jugeant, c’est-à-dire qu’on va arriver, il va nous prendre tel qu’on est, et il va se passer des choses en fonction de notre ressenti. C’est le miroir de nos émotions et du coup, si on est un petit peu énervé, un peu stressé, le même cheval peut réagir différemment avec deux patients différents, en fonction de notre état, en fonction des jours, des semaines, de comment on est, lui peut évoluer.

Ce qui est aussi important, c’est que les chevaux ont une communication non verbale entre eux, ils n’ont pas notre langage. Donc au cheval on va lui dire « tourne, marche », il va nous regarder… Du coup, c’est vrai que c’est important de transmettre les choses par le corps, et c’est intéressant pour des enfants qui peuvent avoir des besoins de décharger beaucoup, mais aussi pour des enfants qui n’ont pas accès à la parole, les autistes (certains types d’autistes) ; cela peut aussi leur permettre une ouverture et d’entrer en communication avec l’animal.

 

 

La particularité, c’est qu’ici tu travailles avec des poneys qui sont dans un centre équestre, donc ce ne sont pas des animaux qui ont été formés d’une certaine manière : ils sont montés de manière classique par les élèves.

Je pense que c’est bien aussi, parce que cela leur permet de faire autre chose, de pas être qu’un cheval thérapeute. Ça leur fait du bien de faire d’autres choses. Avant de les mettre avec des patients, je les teste, c’est-à-dire que je vais avec eux en liberté, je fais du bruit, parce que j’ai pas mal de matériel : j’ai par exemple des sachets avec des noyaux de cerises, donc ça fait un peu de bruit, j’ai des marrons, ça fait des bruits différents. Il y a des petites fiches de couleur, il y a pas mal de choses. C’est vrai qu’il ne faut pas qu’il ait peur, il ne faut pas qu’il ait peur non plus du fauteuil roulant, donc on teste avec une poussette. Après je vois comment il réagit en liberté, parce qu’il ne faut pas non plus qu’il soit violent. Il y a un côté de sécurité qui est important aussi.

 

 

Tu as eu l’occasion de nous parler de l’importance de la première séance, du fait que parfois le poney choisi ne convient pas et que tu es amenée à changer.

C’est arrivé. J’avais demandé conseil à la monitrice, j’avais testé quelques poneys, et j’avais une ponette qui me paraissait bien. Puis en fait, dès qu’elle se retrouvait un peu toute seule, elle n’était pas du tout dans le soin, dans la thérapie, elle appelait que les copains… Elle n’était pas comme ça d’habitude avec moi, et c’est vrai qu’avec une tierce personne…

Après on a changé, le patient s’était pas tellement rendu compte que la ponette n’était pas là. Et puis c’était passé tout seul, et je lui avais dit : la différence, avec ce poney ? Il me dit c’est vrai qu’il a l’air plus attentif à moi, il a créé une relation qui n’allait pas se créer avec l’autre poney.

Il faut que ça concorde tous les trois. Je dis ça souvent en première séance : on se laisse 3-4 séances d’essai, on voit si ça passe entre nous, si ça passe avec le cheval, on peut changer de poney puisqu’ici on a la possibilité; pour trouver le bon trio, et surtout le bon couple poney-patient.

 

– * INFOS BONUS * –

Nous vous ajoutons ici quelques informations pratiques que nous avions évoquées avec Émilie, mais qui ont été coupées au montage 😉

 

Comment trouver un équithérapeute ?

Le mieux reste de consulter les annuaires des écoles d’équithérapie. Il y a trois grandes écolesen France : j’ai fait la SFE (société française d’équithérapie), après il y a l’IFEQ (Institut de formation en équithérapie), et la FENTAC (fédération nationale de thérapies avec le cheval).

En ce qui me concerne, j’ai fait la formation en deux ans, et c’était assez complet. Il y avait des heures de stage, un mémoire à rédiger, et beaucoup de cours de psychopathologies. Il y avait également des cours de handicaps moteurs, d’orthophonie, ainsi que sur le relationnel, la gestion des conflits, et bien sûr la connaissance des chevaux.

 

Enfin, la question fatidique… Combien ça coûte ?

Je fais des séances de une heure, à 48 euros. Ensuite, ça dépend de la région et de la spécificité de chacun, peut-être aussi de la réputation. Les tarifs sont fixés librement. Il y a certains équithérapeutes qui font aussi du horse-coaching, ou qui emmènent les chevaux aussi dans les prisons… Chacun adapte l’équithérapie et fixe son tarif.

 

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